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Les origines

1. Les Englisbergs, seigneurs de Givisiez et de Granges-Paccot

L'implantation de la Seigneurie d'Englisberg et son château, décrit par maints historiens qui en ont encore vu les ruines, correspond exactement aux conditions historiques propres à la fondation des quelque 200 villes du plateau suisse aux XIIe et XIIIe siècles. Le Duc de Zaehringen dote maints chevaliers. Ils ont mission de défendre la ville. Passage obligé sur un des gués de la Sarine, place de marché et centre de collection d'impôts et autres taxes fiscales, Fribourg est ce fer de lance implanté contre l'expansion de l'évêque de Lausanne puis de la Maison de Savoie qui lui succède.

Les conditions de telles implantations nobiliaires et militaires sont mieux connues à travers les exemples d'Illens et Arconciel.

Selon Gonzague de Reynold, le Prince octroie les droits sur les forêts et les terres non bâties. Il réserve les droits existants. Ces droits sont à chercher chez les feudataires héritiers des Glâne. A travers les Aarberg-Neuchâtel, les d'Estavayer ont très probablement hérité de ces droits. Apollinaire Deillon affirme qu'Henri, fils de Guillaume d'Estavayer, possédait les droits de seigneur-suzerain et "percevait chaque année une obole d'or rachetable par cinq sols lausannois et à chaque changement de seigneur un faucon rachetable aussi par quatre livres lausannoises".

En 1231, Albert de Ricasperg donna "une rente de 8 coupes de froment au couvent de Hautcrêt, à prélever sur sa terre près de la route et du pont d'Azje" (Agy). Cet acte de dotation est consenti en faveur de son fils, qui se fait moine. Cette donation prouve les imbrications des droits féodaux possédés par de nombreuses familles sur une même terre.

Le Château d'Englisberg (dont les fondations furent retrouvées lors de la mise en place du pont de l'autoroute) s'élevait au bord d'un précipice, sur la rive gauche de la Sarine, face à l'ermitage de la Madeleine. Il empêchait tout contournement de la ville, tant commercial que militaire.

La seigneurie englobait le bassin du Lavapesson jusqu'à la porte de Morat, les monts de la Faye, de Rionda Raspa jusqu'à la rivière de la Sonnaz avec le territoire de Cormagens. Vers l'ouest, les limites allaient au-delà des forêts de Moncor, de Givisiez et de Lossy jusqu'à La Corbaz. 

 

2. Cortanier et Mercier, seigneurs de Givisiez

En 1290 : le village de Givisiez et les droits d'avouerie et de patronage de l'église changent de propriétaire.

"Dans le mois de septembre 1290, Guillaume d'Englisberg, avec le consentement de son frère, le chevalier Nicolas d'Englisberg, vendit à Pierre Cortaneir et à Pierre Mercier, bourgeois de Fribourg, le village et tout le territoire de Givisiez (Juvensie) avec ses droits, ses tenanciers, ses hommes, etc., tel qu'il en avait été investi et qu'il l'avait joui" (prout hactenus cum suis pertinentiis omnibus in neam duxi pacificam vestituram)". Cet important document ne donne pas le nom du seigneur suzerain, mais d'autres actes nous apprennent que c'était Henri, fils de Guillaume d'Estavayer .

En 1317 : le Sire de Billens "... vend la quatrième part du château d'Englisberg, sa quatrième part des forêts et des propriétés situées dans le territoire de Granges et du château d'Englisberg depuis l'eau de la Sarine à la route dite La Wala de Juvisie" .

En 1320 (le 24 déc.), l'hôpital de Fribourg acquiert deux autres parts des mêmes propriétés.

D'Estavayer "Par acte du 3 février 1298, P. Cortaneir confesse tenir de noble Henri, co-seigneur d'Estavayer tout ce que noble Guillaume d'Englisberg tenait en fief de feu Guillaume d'Estavayer, en la cour de Juvisie, plus l'avouerie de l'église et la justice temporelle".

A quelle époque les seigneurs d'Estavayer avaient-ils acquis le droit de justice à Givisiez ? Depuis quand possédaient-ils la souveraineté de cette localité ? L'origine de ces droits se perd dans la nuit des temps.

Après la vente de 1290 concernant le village et les droits de patronage, on ne trouve plus trace de la famille Mercier. En revanche, les droits de la famille Cortaneir sont encore mentionnés en 1396. 

 

3. D'Affry, seigneurs de Givisiez

Au cours du XVe siècle, Louis d'Affry épouse Catherine (1493), fille d'Othon d'Avenches. Descendante des Cortaneir, Dame Catherine apporte en dot la moitié des droits de seigneurie du territoire de Givisiez qui entre ainsi dans le patrimoine des d'Affry. L'autre moitié des droits sont en possession de la famille Du Terraul. La femme de Jean Du Terraul, Elsi de Wickenthal, les avait hérités de son premier mari, Jean Brassa . Par acte de 1503, les du Terraul et les d'Affry renoncent aux droits de patronage de l'église.