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La commune de Corminboeuf

Etymologie

Spécialiste de la toponymie romande, Paul Aebischer voit en Corminboeuf une fondation du Ve siècle. Un domaine aurait été attribué à un guerrier burgonde. De la contraction de Curte (domaine) et de Maginbold le faraman, résulte le patronyme Curtemaginbold ou plus simplement Cormaginbold.

Au cours des siècles, la prononciation et, plus encore l'orthographe, varient. Selon les actes, on trouve Corminbo (1142), Cormenbo (1173).

Dès le Xe siècle, Saint Georges est vénéré dans toute la Chrétienté occidentale. A la fin du XIIe siècle, on lui érige, à Corminboeuf, une chapelle et le village devient Saint Georges. Néanmoins, le nom ancien subsiste dans les actes officiels : Corminbou et Cormenbouz (1400), Cormenbau (1445), Karmanbow (1449).

En 1470, Corminboeuf apparaît pour la première fois. Ce qui laisse supposer que le scribe aurait préféré une finale désignant quelque chose de connu : boeuf. Pourtant, en 1830, Kuenlin, dans son Dictionnaire géographique du Canton de Fribourg, use d'une graphie conforme au patronyme franco-provençal : Corminbaux. En patois, Corminbo et Corminbou paraissent couramment aujourd'hui.

Au Moyen-Age, l'hôpital de Fribourg acquiert de nombreuses terres à Corminboeuf : "En 1252, les bourgeois de Fribourg achètent, pour l'hôpital, du chevalier de Bulle, son domaine de Nonan ; autour de cette première propriété vinrent s'ajouter des biens à Corminboeuf : en 1274, 10 poses de terre arable et tous les droits que possédait dans le village Uldricus de Soucens ; en 1278, les biens d'Agnès, veuve de Pierre de Nonan ; en 1296, 9 poses de terre ; en 1303, 3 nouvelles poses ; en 1317, un bois à Nonan". En 1334 et en 1344, les archives de l'hôpital mentionnent de nouveaux achats de terres à Corminboeuf .

Quelques noms désignant les divers quartiers de Corminboeuf attestent l'ancienneté du village. Ainsi, les Avudrans signifiaient "pommiers" en burgonde et la Vernaz était plantée d'aulnes. En 1513, les prairies marécageuses de Corminboeuf sont appelées le Lac.

En 1579, Fribourg offre à la commune de Corminboeuf deux chênes pour la construction, ou la reconstruction, d'un pont sur le Tiguelet au lieu-dit les Nantponts : Nant dérivé du gaulois "nantu" : vallée et pont du latin. 

 

Armoiries communales

L'héraldique officielle fixée sur les conseils d'Hubert de Vevey donne : "D'or au saint Georges monté sur un cheval de sable sellé et harnaché de gueules, et terrassant de sa lance d'or un dragon de sinople".

Saint Georges, patron de la chapelle et patronyme du village, fut adopté comme emblème de la commune en 1939. Cependant, les émaux n'en furent définitivement fixés qu'en 1941 .

Le village de Corminboeuf et la chapelle Saint Georges dépendaient de la paroisse de Belfaux dont l'avouerie de l'église appartenait aux Duens (Thüdingen). Un acte du 20 mars 1354 confirme que les paroissiens des chapelles de Corminboeuf et de Grolley devaient avoir un marguillier. Les fonctions, obligations et émoluments du marguillier-prêtre ou du marguillier-laïque y sont clairement déterminés .

Les hommes de la paroisse étaient incorporés à la "Bannière des Hôpitaux". Le premier Registre des Bourgeois de Fribourg (1314-1416) atteste que quatre habitants de Corminboeuf étaient bourgeois de la ville. 

 

La chapelle

De style roman archaïsant avec choeur en abside semi-circulaire, la chapelle date vraisemblablement de la fin du XIIe siècle. Elle est attestée dans un acte de 1354. Une Vierge assise du XIVe siècle témoigne de la dévotion à Marie. Vers 1450, lorsque les querelles entre Français et Allemands sont virulentes, les amendes sont parfois infligées au profit de la chapelle Saint-Georges. Au XVIe siècle, le chapitre de Saint Nicolas, ayant reçu le droit de collature de Belfaux avec les chapelles de la paroisse, pratique le mécénat. La Renaissance enrichit la chapelle de Corminboeuf d'un plafond sculpté de style flamboyant, aux armes de l'Etat de Fribourg. Il est soutenu par un Christ en croix de Martin Gramp (vers 1515). Des fresques représentant Saint Onophrius (1525) sont peintes par un artiste inconnu.

La Contre-Réforme intensifie le mouvement pastoral et la paroisse doit pourvoir à l'entretien d'un marguillier. Le curé doit assurer, annuellement, vingt-six messes dans la chapelle de Corminboeuf.

Vers 1670, la dévotion aux saints et le culte des reliques constitutives de l'autel incitent les curateurs à dresser les statues de Saint Georges entre Sainte Marie-Madeleine et Saint Jean sur l'autel principal de Pancrace Reyff. Restaurée de 1980 à 1983, la chapelle Saint-Georges est mise sous la protection de la Confédération.

La doctrine physiocrate valut à Corminboeuf la construction de deux fermes (1712) et d'un grenier. Ces bâtiments, ainsi que le château de Schaller et la maison patricienne de Reynold à Nonan, également du XVIIIe siècle, font partie du patrimoine artistique suisse.